1 Mars 1773

 Le 1° dé mars, j’appareïllaï du port de Cavitte, & j’allai mouiller À l’entrée de la rivière de Manille, par quatre brasses & demie, sond de vale. Ce mouil- lage est à un tiers de lieue de l’entrée de la rivière formée par deux jetées en pierres, qui s’étendent à trois encablures du rivage. Je m’apptochai aufli de la ville dans cette saison où il n’y a plus de coups de vents à craindre ; dans la vue d’embarquer plus promptement, & à moins de frais, toutes mes provisions de retour. Je sis beaucoup de démarches inutiles pour me faire rendre mes matelots qui avoient déserté. Je m’apperçus clairement qu’on les avoit débauchés, ainsi que ceux du Cassries, & même ceux de la frégate Espagnole, qui avoit été obligée de partir de la baie pour faire son retour en Espagne, avec cinquante matelots Indiens, pour remplacer autant de matelots Espagnols que le gouverseur étoit soupçonné avoir fait déserter, & qui avoient tous paru à Cavitte le lendemain du départ de cette frégate. Je sus obligé de céder à la force ; & j’engageai trente mariniers Indiens pour remplacer mes déserteurs. Ils exigèrent pour condition de leurs engagemens, que je leur donnerois deux mois de paie en avance, Je sus forcé d’en passer par- là; & quelques-uns d’eux désertèrent encore avec leur paie : ils eussent peut-être tous déserté, si de mon côté, en les engageant, je n’avois eu la précaution de les retenir à bord, & de ne plus leur permettre d’aller à terre, qu’en laissant sur le vaissleau un homme en leur place.

On the 1st of March I cleared Port Cavitte, and anchored at the mouth of the Manilla river in four and a half fathoms with a mud bottom. This anchorage is a mile away from the mouth of the river, and formed by two stone jetties which extend three cables’ lengths from the shore. I approached close to the city, for at this season of the year no squalls are to be feared, so as to be able to ship my stores more promptly and at less cost. I made several attempts to get back my deserted sailors, but I perceived clearly that they had been seduced from their duties, they as well as those of the Castries, and even those of the Spanish frigate, which had been obliged to leave the bay on its return to Spain with fifty Indian sailors to replace the same number of Spanish sailors whom the Governor was suspected of having prevailed upon to desert, and who had all put in an appearance at Cavitte the morning after the departure of the frigate. I was obliged to give way to superior force, and engaged thirty Indian boatmen to replace my deserters. They demanded, as a condition of their engagement, that I should give them two months’ pay in advance. I was forced to concede this demand, and some of them then deserted with their pay. They might perhaps all have deserted, had I not on my part, in engaging them, taken the precaution to retain them on board, and not allowing them to land again unless they left another man as substitute.

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